On m'avait conseillé une expo photo : Sergio Larrain à la fondation Cartier-Bresson. On m'avait fait l'éloge de la sensibilité, de l'émotion qui se dégageait de ces photos. J'ai découvert une oeuvre photographique très touchante. Une série sur les gamins des rues de Valparaiso m'a beaucoup frappée car la lumière aveuglante qui s'en dégage m'a rappelé celle de Lisbonne, si blanche parfois qu'elle semble prendre consistance, un peu à la manière d'un voile translucide qu'on croirait pouvoir saisir. Une amie m'accompagnait, flanquée de son amoureux. Il s'ennuyait visiblement et a pris la fuite au bout de dix minutes. Mon amie s'est alors mise à accélérer le rythme de sa visite, m'entraînant avec elle, malgré moi. A la fin, nous avons rejoint le fuyard qui se morfondait dans la salle de lecture de la fondation. Je farfouinais dans les livres de photo mis à la disposition des visiteurs quand j'entends soudain l'amoureux s'écrier :"Oh ! Elle est trop belle, celle-là ! " Il regardait la photo publicitaire d'une voiture rouge à grosses jantes.